Carbone : Comment engager dès maintenant mon entreprise ?

Carbone : Comment engager dès maintenant mon entreprise ?

Vous hésitez à vous lancer ? Voilà pourquoi il faut franchir le pas !

28/9/2020

Nous voulons ici répondre à une question que nous entendons très souvent dans nos discussions avec des chefs d’entreprises :« Pourquoi, outre ma volonté personnelle de lutter contre le réchauffement climatique, devrais-je engager mon entreprise vers une réduction de ses émissions ? Et comment puis-je faire ? »

En effet n’importe quel patron doit légitimement se demander si réduire ses émissions sera bénéfique pour l’entreprise qu’il a la charge de diriger. Des voix s’élèveront sans doute pour critiquer cette approche « retour-sur-investissement » alors qu’il en va du bien de l’humanité. Mais il ne faut pas être dupe : à part quelques individus très engagés sur le sujet et dont l’entreprise fonctionne bien, une majorité des dirigeants n’y accordent aujourd’hui que peu ou pas de moyens pour 3 raisons principales :
-      Ces initiatives sont perçues comme non-génératrices de business, hautement consommatrices en ressources et risquées pour la compétitivité de l’entreprise.
-      Ils ont la tête dans le guidon.
-      Ils ne savent tout simplement pas comment s’y prendre.

On ne peut pas leur jeter la pierre tant les avantages liés à la réduction des émissions sont peu mis en avant. Pourtant, en creusant un peu, s’engager dès aujourd’hui dans une réduction d’émission peur devenir un avantage compétitif crucial pour une entreprise.

Voici 5 premières raisons pour lesquelles réduire vos émissions peut s’avérer stratégique pour votre entreprise :


1/ Pour rester attractif envers les investisseurs.

Paradoxalement la finance a un rôle moteur à jouer pour favoriser l’engagement des entreprises vers une économie bas-carbone. Si les clichés ont la vie dure et que vous avez du mal à imaginer un financier s’intéresser au sort de la planète (sur le principe vous n’avez pas tort ;)), le monde financier est pourtant en plein virage quant au risque climatique.

Ceci car l’engagement environnemental a un impact énorme sur son portefeuille d’investissement.


Pourquoi ?
1. Rappel : Un financier investit dans des entreprises pour en retirer des dividendes et réaliser une plus-value sur sa valorisation.
2. Compte-tenu de la criticité du sujet, pas besoin d’être Einstein pour comprendre que la régulation liée au sujet climatique risque de se renforcer et que madame Michu va privilégier les produits / services faiblement émetteurs de carbone.
3. Conclusion : Lorsque le financier va investir dans une entreprise, il a plutôt intérêt à regarder si celle-ci est en capacité de s’adapter à un changement soudain de régulation / comportement client.
Demandez aux compagnies aériennes, elles connaissent bien le sujet :)

Donc si vous dirigez une entreprise et que vous voulez rester attractif pour les investisseurs, démontrer votre capacité à suivre et réduire vos émissions doit être une de vos priorités (vraiment).


2/ Parce que vos clients vont vous mettre la pression voir tout simplement partir.

Les quelques études sur le sujet qui ont récemment fleuries ont tendance à confirmer notre intuition : Les clients vont de plus en plus se tourner vers les entreprises faiblement émettrices de carbone.

2 cas de figures se présentent :

1/ Vos clients sont des entreprises

Dans ce cas de figure, la pression de vos clients va beaucoup varier selon le type d’industrie dans laquelle vous évoluez. Si vos clients fabriquent des avions de chasse, vous devriez passer au travers des mailles du filet. Par contre, si vos clients évoluent dans un milieu B2C comme la grande consommation, le luxe, la cosmétique ou le textile, alors il va falloir très vite réagir car les leaders du secteur sont déjà en train de demander des comptes à leurs fournisseurs.

Par exemple Zalando ou Fnac Darty. Il y a fort à parier que cette tendance se généralise dans la plupart des domaines, surtout si celui-ci touche au particulier ou s’il est fortement émetteur de carbone.


2/ Vos clients sont des particuliers

Pas besoin de grandes dissertations à ce niveau-là, les premiers sondages sur ce sujet et les comportements des consommateurs sur les 10 dernières années sont clairs : le consommateur va privilégier des produits durables et à faible impact sur le climat.

Cette tendance dure depuis 10 ans, avec le boom du bio, du vegan, du « produit localement », etc… Le produit faiblement émetteur de carbone sera la nouvelle coqueluche des consommateurs.


3/ Maîtrise des risques liés à la réglementation

Allez, un petit graph pour vous résumer où nous en sommes.


Pays hôte de la COP 21, la France veut rayonner et être la premier pays Européen neutre en carbone. Et l’Europe le premier continent neutre en carbone. Mais au vu des objectifs pour 2050 et l’état actuel des émissions, nous pouvons constater que nous sommes sacrément à la bourre.

2 conclusions à tirer de cette brillante analyse :

1/ Si nous voulons nous réaligner à l’objectif de 2050, l’Europe et ses Etats membres vont devoir mettre en place des régulations très strictes et des moyens financiers colossaux afin d’accompagner les entreprises.

2/ Si nous abandonnons alors inutile de se presser. Mais l’impact économique lié au réchauffement climatique sera tellement fort que l’Europe et ses Etats membres auront tout de même intérêt à le retarder au maximum, et donc à mettre en place des régulations très strictes et des moyens financiers colossaux pour accompagner les entreprises.

En bref il est absolument certain que la réglementation carbone va se durcir dans les années, voire les mois qui viennent.

Dans ce qu’on peut imaginer comme le plus probable dans la réglementation à court terme :
-      Obligation du bilan carbone pour toutes les entreprises
-      Fréquence du reporting carbone annuelle (vs tous les 4 ans aujourd’hui)
-      Scope 3 désormais obligatoire pour toutes les entreprises.
-      Augmentation de la taxe carbone intérieure (aujourd’hui figée suite à la crise des gilets jaunes) et introduction d’une taxe carbone aux frontières de l’UE

Bon, il y aura sûrement une période de transition pour que les entreprises s’adaptent, mais comme toujours, ceux qui auront anticipé sortiront avec une longueur d’avance.


4/ Vous allez réduire certains postes de coûts

Investir aujourd’hui c’est réduire vos factures de demain. Si vous optimisez par exemple vos transports et votre consommation d’énergie, vous allez mécaniquement diminuer à la fois vos émissions de GES et vos coûts.

Voici quelques initiatives assez efficaces pour réduire vos émissions et vos coûts:

-      Investir dans l’isolation de vos bâtiments
-      Investir dans un système de climatisation moderne et performant
-      Privilégier la visio-conférence au transport, si c’est possible
-      Développer le télétravail


5/ L’engagement des collaborateurs

Autre feedback que nous recevons régulièrement des chefs d’entreprises : la pression des collaborateurs. Vu l’importance et la médiatisation actuelle du sujet, il y fort à parier que les salariés de votre entreprise en parlent entre eux, et ont déjà réfléchi à de premières initiatives concrètes.

Au-delà de faire une bonne action et de faire plaisir à vos employés, lancer un projet de réduction des émissions peut s’avérer fédérateur. En effet, il s’agit d’une cause transverse à l’entreprise qui peut rassembler et faire travailler ensemble tous vos employés sur un projet commun.

De plus, et c’est important de le souligner, le réchauffement climatique est laïque, apolitique, global et impacte toutes les couches sociales. Il ne devrait pas engendrer de clivages en interne (sauf bien sûr quelques réfractaires inconditionnels) et vous permettra de rassembler vraiment tout le monde.


En conclusion :

Si vous dirigez aujourd’hui une entreprise, il y a malheureusement fort à parier que rien ne vous oblige actuellement à initier en interne un projet long terme de réduction des émissions de CO2.

C’est triste, et c’est d’ailleurs pour ça que la majorité des PME ou ETI, même s’ils reconnaissent le problème, n’ont pas encore entrepris de vraies démarches dans ce sens.

Cependant, caché par l’aspect « sensationnel » du réchauffement climatique que les médias nous exposent, une transition massive est en train de s’opérer dans le silence.

Une transition portée par 3 moteurs qui auront un impact crucial sur votre business de demain :
-  Le monde de la finance, système cardiaque du monde de l’entreprise, qui en intégrant le risque climatique dans leurs modèles a compris que l’entreprise de demain sera écologique ou ne sera pas.
-  La réglementation, dont le durcissement prochain est une quasi-certitude. La convention citoyenne est là pour nous le rappeler.
- Nous, les clients, qui adoptons un comportement de plus en plus « responsable » en favorisant les entreprises à faible émissions.

Et compte tenu des évènements climatiques actuels on voit mal comment la tendance pourrait s’inverser.

Ainsi, même si rien ne les oblige, les décideurs et chefs d’entreprises doivent prendre la mesure du changement qui les attend sur la prochaine décennie et commencer dès aujourd’hui à lancer quelques chantiers prérequis :

1.    Réaliser un premier bilan carbone, afin de connaître vos principaux postes d’émissions.
2.   À partir de ce bilan, définir un plan d’action de réduction des émissions.
3.   Menez une analyse du « risque climat » pour votre entreprise.

Bien entendu, Traace peut vous accompagner sur toutes ces démarches. Pour en savoir plus sur nos solutions d’accompagnement c’est ici.

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